Je rebondis sur le dernier commentaire de Lauyol sur "Et ça fait quoi d'être parent". Pour être franc, l'arrivée de Féix a eu énormément d'impact sur notre couple. Bien évidemment.
J'en avais discuté avant avec d'autres parents qui m'avaient expliquer que l'arrivée d'un bébé n'était pas n aodin pour le couple. Nous en avions discuté tous les deux, Fabienne et moi, pour nous dire que l'arrivée de Félix aurait nécessairement des conséquences sur notre vie de couple. Plus rien ne serait pareil après. Ca, c'était sûr.
Mais quoi ? Qu'est-ce qui ne serait plus la même chose après ?
Et bien tout, tout simplement. Plus rien n'est pareil. C'est le grand bouleversement.
Il s'agit là d'une idée qui est assez difficile à faire passer pour moi. Je ne suis ni assez savant, ni assez poête pour l'exprimer de manière à ce que d'autres, qui ne seraient pas encore parents, puissent comprendre.
Mais l'arrivée de Félix a tout changé dans notre vie. Nous ne faisons plus rien désormais sans positionner Félix en son centre.
Félix est devenu le centre de tout.
Le petit Roi, désormais, ce n'est plus Moi : c'est lui.
Je ne suis ni le premier ni le dernier a le dire bien sûr, alors je pense que je n'insisterai pas trop là dessus. Je vais plutôt parler de la seconde constatation depuis l'arrivée de Félix: cette révolution dans notre vie s'est faite toute naturellement.
Lauyol, vous avez raison : l'arrivée d'un bébé cristalise des tensions dans le couple. Les deux parents se projettent désormais sur leur progéniture, et ils ne le font pas de la même manière : chacun y va avec son histoire, son vécu, ses souhaits, ses envies, ses angoisses, ses souvenirs, ses forces, ses peurs ... Alors, nécessairement, les deux parents découvrent que tout n'est pas si simple désormais et qu'il va falloir encore et à nouveau apprendre à composer, réapprendre la diplomatie, accepter et proposer des compromis.
Mais, vraiment, tout ça s'est installé tout naturellement. Je pense que je peux parler au nom de Fabienne en disant que nous pouvions nous attendre à cette révolution de l'arrivée de notre bébé de façon plus violente qu'elle n'a été.
Je ne parle bien sûr pas de la naissance prématurée de Félix qui, elle, a été plus violente qu'imaginée, et qui a laissé plus de traces que souhaitées.
Non, je parle de l'arrivée d'un enfant dans notre vie de couple. Je peux dire que plus rien n'est comme avant désormais... mais que tout a roulé comme sur des roulettes. Tout s'est mis en place très naturellement. Tout s'est adapté très simplement.
Nous n'étions plus deux, mais trois désormais. Et voilà.
Certains des parents avec qui je parlais laissaient filtrer une certaine désillusion en décrivant leur nouvelle vie. Je sentais poindre parfois des regrets, se traduisant pas des "Tu ne peux pas savoir la chance que tu as de pouvoir faire des grasses matinées", ou "Pour toi c'est simple, tu n'as pas besoin de prévoir ou d'organiser pour faire quelque chose", ou plein d'autres choses dans ce genre là. Et c'est vrai que cela pouvait avoir quelque chose d'un peu effrayant pour des futurs parents.
Un peu comme le jour où j'ai appris que je devrais désormais porter des lunettes par exemple : il y a un avant, il y a un après, l'après ne sera jamais plus comme avant, et il ne sera jamais aussi bien que l'avant. On y survit, mais la pilule est dure à avaler.
Et bien rien de tout ça pour Félix. Tout le contraire. Et j'en suis le premier surpris.
Il faut se lever dans la nuit pour lui remettre sa tétine ou le réconforter un peu. C'est sûr que ça ne fait pas plaisir, mais ça se fait tout seul. Notre journée (et surtout celle de Fabienne, j'en conviens) est rythmée sur celle de notre petitounet désormais, ses biberons et ses sommeils. Ca peut être pesant parfois, mais rien de dramatique du tout.
Bébé pleure sans que l'on comprenne pourquoi, il fait du bruit, gesticule, ne se calme pas tout de suite quoi que vous fassiez : vous ne maitrisez plus tout autour de vous désormais. Ca peut être un peu destabilisant, mais rien de bien grave.
Et lorsque l'on perd un peu pied, un peu son flegme, un peu ses repères... et bien il y a l'autre, qui est là pour soutenir, pour relayer, pour accompagner. Et tout glisse tout seul.
J'ai beaucoup attendu ce changement en moi, au moment de l'arrivée de Félix. J'attendais de ressentir presque physiquement le fait de devenir père. J'espèrais un déclic sonore dans ma tête qui m'aurait indiqué que la partie papa de moi s'était désormais installée en moi, en prenant ses aises. Et j'ai été très déçu de ne rien ressentir. J'exprimais ça dans mon billet "Regarde les hommes grandir".
Et bien, dans les faits, le changement a eu lieu... mais pas en moi. Il s'est installé dans notre vie. Et je n'ai rien vu venir. Et ce n'est pas désagréable du tout.
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