Beh oui voilà : ce matin Félix est tombé de sa table à langer.
J'étais prévenue. Ne jamais, jamais laisser une micro seconde un bébé sur une table à langer sans être juste à côté. J'étais à côté, mais pas juste à côté... J'avais l'oeil sur lui tout en ouvrant les volets. Et oui, j'ai vu sa papatte tourner pour entreprendre un retourné sur le ventre. Un cri s'est échappé immédiatement de ma gorge (un peu hystérique d'ailleurs ce cri), puis je me suis précipitée (2 seuls pas jusqu'à lui) à côté... mais pas juste à côté... Trop tard, sa tête avait déjà heurté le sol.
Erick était encore à la maison. En entendant mon cri, il a surgi immédiatement. Il a proposé que nous allions tout de suite à l'hôpital pour vérifier. Et tout va bien. Il ne me reste que la culpabilité de cet instant, et ce malgré qu'Erick ait été génial. Super calme, essayant de me déculpabiliser, nous attendant dans la salle d'attente des urgences durant l'examen. C'est tellement important d'être à 2 dans des cas pareils. Et malgré une inquiétude partagée, de ne pas alourdir les choses pour l'autre.
Ce n'est que le début des inquiétudes comme me l'ont dit le médecin et les charmants infirmiers ce matin. Vigilence de chaque instant requise dès à présent. Maintenant que Félix attrape tout, se déplace en tournant dans tous les sens, le danger est constamment là. Tellement inventifs les petits pour tenter le danger. Tellement de choses à essayer.
Félix est reparti de l'hôpital avec un cadeau. Un gant gonflé par un infirmier qui y avait dessiné une bouche et des yeux, faisant du pouce le nez du bonhomme. Bravo à ceux qui savent humaniser l'hôpital.
Ma chérie...
Je me souviendrai moi aussi toute ma vie de ce dur instant. Tes cris surtout, lorsque Félix a basculé. Et puis tes larmes... Et puis nos larmes... Toute cette tension, toutes ces peurs. Et je me souviens de cette femme à l'accueil de l'hopital. Son regard qui a changé lorsque tu as commencé à lui expliquer ce qui s'est passé et que ta gorge s'est nouée et que tes yeux se sont chargés de larmes... Et elle t'a immédiatement dit des paroles gentilles et rassurantes. Et nous étions alors deux la gorge serrée. Et notre petit, lui, était tranquille dans mes bras. Je n'oublierai pas tout ça et je vous aime, mes 2 chéris.
Rédigé par : Erick | 19 mars 2008 à 21:24