Félix n'était jamais véritablement sorti de chez nous. Il y a bien eu ces presques deux mois à sa naissance, passés en hôpital, puis quinze jours environ dans notre ancien appartement du Faubourg Saint Martin à Paris. Mais, depuis lors, Félix a toujours vécu à Deuil la Barre. Un vrai petit Deuillois, comme Christophe Willhem.
Alors ces premières vacances ailleurs qu'à Deuil, et bien ça n' a pas été sans mal. Nous ne nous y attendions pas véritablement, mais Félix n'a pas tout à fait accroché à l'idée de ne plus se retrouver chez lui.
Le voyage s'est extrêmement bien passé. Il faut avouer que Félix est vraiment un petit bébé génial, très facile à vivre. Dans une voiture, il retrouve facilement des repères : son siège bébé en est un. Alors il joue, il chante, il roucoule, et il dort. Là, dans notre cas, il a également fallu composer avec des biberons et des changes dans la bagnole (6h de route, qui se sont transformés en 7h à cause des inondations autour de Rennes et des déviations/contournements obligatoires). Mais, dans l'ensemble, Félix est vraiment très mignon et très facile à vivre. On vous l'aurait dit sinon.
Arrivée à Pont Aven, changement de ton total. Nous sommes arrivée à 21h, nous avons donc rapidement couché notre petit, qui s'est d'ailleurs tout aussi rapidement endormi. Mais Félix s'est réveillé environ une heure plus tard avec des hurlements que nous ne lui avions jamais entendu. Son petit corps n'en finissait plus d'expulser ses cris et ses larmes. Il pleurait sans s'arrêter, en se tortillant de partout, en tournant la tête en tout sens, en regardant dans tous les coins, en remuant bras et jambes sans arrêt.
A force de calins, de bisous, de jolies histoires, de mots et de bras réconfortants, Félix s'est petit à petit calmé, pour se rendormir avec nous, dans notre lit, entre ses deux parents. Mais là encore, réveil brutal peu de temps après avec notre fils chéri rempli de cris et de larmes.
Au bout d'une demi-heure de ce régime, Fabienne et moi avons commencé à penser que Félix était malade. Nous avons pris sa température, mais rien. Nous avons fait la liste de ce qu'il avait bouffé, mais rien non plus que pouvait expliquer la situation. Les dents peut-être ? Un peu de crème sur les gencives n'a rien changé.
Dépassés par les événements, ne sachant expliquer pourquoi Félix se mettait à hurler par intermittence, s'arrêtant parfois pour rigoler avec nous (son papa faisait pas mal l'idiot pour distraire son fiston) mais repartant ensuite d'un seul coup dans les hurlements, nous étions prêts à appeler les médecins de garde.
Sur le conseil des grands parents, Félix s'est vu offrir un biberon de lait, qu'il avala goulûment, pour s'endormir ensuite. Heureusement qu'il y eut cette géniale idée et cette fructueuse tentative, car la notion de médecin de garde à Pont Aven après minuit est visiblement quelque chose de très relatif et de pas simple à traduire au concret.
Lendemain matin, réveil aux aurores comme d'habitude. Et notre petit qui recommence de temps en temps à hurler et à pleurer comme la veille, sans raison véritable : une contrariété et les hurlements repartent, un bisou de trop et les pleurs arrivent, un rien et ça hurle.
Et bien, après trois jours de ce régime, et un calme relatif ensuite, nous avons décidé que trois explications étaient possibles :
- Le changement de repères : notre petit bonhomme, habitué à un monde à lui et se retrouvant dans un contexte qui ne lui est pas familier, avec une chambre nouvelle, une lumière nouvelle, des odeurs nouvelles, des bruits nouveaux, etc. se trouve complètement perdu. C'est le manque de repères, et donc la peur de cet inconnu, qui le fait hurler et pleurer ainsi (qui lui coupe également l'appétit)
- L'air de la mer : tout le monde le dit (les grands parents paternels et maternels en premiers), ce bon air humide et iodé, ce vent soufflant sur les visages peuvent avoir deux conséquences opposées sur les enfants. Sur certains, cela va les fatiguer et leur donner envie de roupiller toute la journée ; sur d'autres, cela va plutôt les exciter et leur donner envie de tout casser.
- Le plaisir de retrouver la Bretagne natale de sa maman, et patrie de Saint Ronan, à l'origine d'une moitié de son patronyme (mais on n'y croit pas trop à cette explication là).
Il est bien possibles que les pleurs et les cris de Félix soient liés aux deux premières. Après cinq jours de vacances à Loctudy, en Bretagne, Félix a stoppé ses pleurs incompréhensibles mais continue régulièrement ses hurlements incroyables.
Espérons que ce soit ça et que, comme en Bretagne, après la tempête vienne le calme.
Les commentaires récents